Chronique de Racines Gerzatoises

Cimetières de Gerzat

Après la « canicule mortelle » que nous avons subie, voici venir l'automne qui nous rappelle que nous allons avoir encore une pensée émue pour ceux qui nous ont quittés. Le grand jour de visite aux lieux de sépulture arrive et il est peut-être opportun d'évoquer l'évolution de ces lieux dans notre commune. Il est difficile de revenir sur le passé de Gerzat sans se référer à Elie JALOUSTRE qui a accompli un travail considérable et remarquable.

Pour la période la plus ancienne notre érudit nous rappelle que les morts étaient inhumés aux confins des communes et nous indique que des noms de lieudits peuvent laisser penser qu'il s'agit d'anciens cimetières : à Gerzat « Sous la Mo » (mort). En 1872 des découvertes archéologiques « ossements humains mêlés à de la poterie »> à la Charmette peuvent permettre d'y situer un cimetière que confirmerait le territoire voisin du « Marteyrol » où aux premiers siècles devaient être enterrés des martyrs ou des victimes des invasions Barbares. Jaloustre nous explique que « Marteror », « Martro » était la fête de tous les saints : la Toussaint.

Après le Vème siècle, les sépultures furent rapprochées des lieux de culte afin, dit Yves de Chartres, de « faire plus particulièrement profiter des trépassées des prières de l'Eglise ».

Mais tous les morts ne pouvaient avoir accès à l'Eglise. Seuls les plus importants et les plus riches, au moyen de fondations pouvaient y être inhumés. C'est ainsi qu'ont été créés les cimetières jouxtant les églises dont il reste encore de nombreux exemples dans certaines communes, en général, les plus petites. A Gerzat le cimetière se trouvait au Sud et à l'Est du temple. Lors de travaux, de nombreux ossements ont été exhumés sur la place de la Liberté. Mais cet emplacement s'avéra bien insuffisant et un cimetière fut établi dans une dépendance de l'ancien hôpital, alors disparu. On lui donna le nom de « cimetière de l'Aumone ». En 1784, la création d'un nouveau cimetière s'imposa. Il fut établi « près de la Maison de Ville, contigu au four banal » d'où le nom de « cimetière du Pain Chaud » qui lui fut donné.

Un décret impérial de 1804 prescrivit le déplacement des cimetières loin des centres bourgs. La commune de Gerzat ne peut répondre immédiatement à cette prescription arguant que le manque de ressources ne lui permettait pas de faire face à cette dépense.

Ce n'est qu'en 1820 que fut acquis par la commune un terrain d'environ 2 000 m2 au terroir de la « Petite Garde » qui reste toujours le cimetière de Gerzat mais qui a du subir plusieurs agrandissements. Un premier en 1878 a porté la superficie à 4 500 m2 et représente ce que l'on appelle l'ancien cimetière.

Un nouvel agrandissement s'est avéré nécessaire à la fin des années 20 (du XXe siècle). Malheureusement les archives conservées à la mairie ne permettent pas, dans l'état actuel, de situer très exactement la décision du Conseil Municipal. L'année peut être déterminée par déduction en consultant les registres des délibérations de 1930 qui, à la date du 9 février, précise « qu'un crédit de 2 000 francs sera ouvert pour l'aménagement des cimetières ainsi que la confection du plan du nouveau cimetière ». De premières inhumations ont pu être faites dès 1929.

L'ouverture de ce nouveau cimetière a permis de mettre un peu d'ordre dans l'ancien. Dans sa séance du 24 août 1931 le Conseil Municipal approuve un rapport qui suggère « le déplacement des tombes de deux prêtres se trouvant dans une allée gênant la libre circulation ». Ces deux nouvelles tombes sont encore contre le mur séparant les deux cimetières près de la communication sud.

Le « nouveau » lieu s'est bientôt avéré insuffisant pour faire face aux besoins, surtout après le développement important que la commune a connu à partir des années 60. Aussi un nouvel agrandissement a été estimé indispensable dès l'année 1969.

Dans sa séance du 29 novembre 1969, le Conseil Municipal prend connaissance des plans établis par Monsieur JALLAT, architecte départemental à qui a été confiée la conception des aménagements, en particulier le bâtiment annexe qui comprend le nouveau dépositoire.

Les premières inhumations dans cette nouvelle partie sud du cimetière ont eu lieu en 1970. 1821, 1878, 1930, 1970 telles sont les étapes de croissance du cimetière et l'on parle déjà de l'obligation de prévoir une nouvelle extension.

Que nous réserve l'avenir, en particulier quelle sera l'influence du développement de la crémation.

Qui vivra, verra ! C'est le moins que l'on puisse dire en parlant de cimetière.

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Arrivée de l'électricité à Gerzat

Dans sa séance du 13 juillet 1903, le Conseil Municipal examine une demande de la Compagnie du Gaz qui sollicite l'autorisation de « passer et poser des poteaux sur les chemins de la Commune » et de « se servir d'un espace communal pris du pont du chemin de fer du PLM » près de la gare.

Le Conseil renvoie l'affaire devant les commissions des Finances et de la Voirie en demandant à Monsieur Le Maire de se renseigner auprès de la Compagnie pour discuter les conditions et réclamer certaines faveurs pour l'éclairage de la commune.

Le 16 août 1903, le Conseil Municipal fixe le montant des redevances qui seront demandées à la Compagnie du Gaz pour l'établissement de la ligne électrique « partant de Champarmont et allant à l'usine Iberty » (usine de pâtes alimentaires située en face de la gare) soit 0,10 par mètre linéaire pour pose des poteaux sur les chemins communaux et 0,75 par m2 pour l'occupation d'un terrain situé près du pont de la gare.

A cette même séance Monsieur Iberty demande que la commune fasse l'avance d'une somme de 950 francs pour l'établissement d'une ligne téléphonique pour desservir l'usine. Compte tenu de la situation financière, le Conseil regrette de ne pouvoir donner suite à cette requête.

Le 27 septembre 1903 à la suite d'une lettre du Préfet datée du 19, le Directeur de l'usine à gaz assiste à la séance pour discuter de l'installation de la ligne électrique pour alimenter l'usine de Messieurs Iberty et Cie.

Lors de cette discussion, en échange d'un terrain communal près de la gare et de la pose de la ligne, la Compagnie du Gaz accorde à la commune l'installation de 15 lampes de 16 bougies pour l'éclairage des rues et places.

La Compagnie a à sa charge la fourniture, la pose et l'entretien général du matériel et de l'éclairage. De plus elle ristourne 5 % du prix des lampes vendues aux particuliers.

Les emplacements de l'éclairage public seront désignés par l'administration communale.

L'éclairage public fonctionnera la nuit de la manière suivante :

  1. en permanence pendant l'hiver ;
  2. jusqu'à minuit pendant les mois de juin, juillet et août ;
  3. en permanence les jours de fête patronale, de fête nationale ainsi qu'en cas d'incendie.

Le 25 octobre 1903 le Conseil Municipal examine le projet de cahier des charges et fait un certain nombre d'observations qui seront prises en compte dans la rédaction définitive.

Le 17 janvier 1904 le maire invite le Conseil à déterminer les emplacements de 15 lampes données gratuitement à la commune.

Le Conseil estimant que « certains quartiers populeux » seraient négligés par suite du nombre restreint des lampes décide d'acheter 10 lampes supplémentaires.

Les emplacements suivants sont arrêtés :

  1. Place de la Mairie
  2. Angle de la grange Forestier Cohade
  3. Fontaine de la Niette
  4. Pont de la Luminerie
  5. Rue des Condamines
  6. Fontaine Commandoire
  7. Place Joal Robin
  8. Maison Georges Ambert
  9. Fontaine du Pont des Chèvres
  10. Pont de sous la Treille
  11. Grange Giraud Archon
  12. Maison Rigaud Prévot
  13. Maison Bardin Robin
  14. Place de la Ville
  15. Pont Troquat
  16. Maison Poeuf
  17. Maison Martin Gilbert Tixier
  18. Maison Missonnier Anne à la Gravière
  19. Maison Combre Gandet
  20. Fontaine de Tras les Airs
  21. Maison Sarrazi Bardin aux Vigeries
  22. Place des Courtiaux
  23. Place du Pibout
  24. Maison Guignard Gannat
  25. Petite rue du Rivet à la Gravière
  26. Lampes supplémentaires et gratuites Avenue de la Gare

Le Conseil décide que l'achat des 10 lampes supplémentaires sera voté à la prochaine séance.

Le 27 mars 1904 le Conseil vote donc l'achat des 10 lampes supplémentaires et fait ajouter certaines modifications au projet de traité arrêté le 25 octobre 1903.

Il fixe la durée de la concession à trente années et prévoit le cas de changement de compagnie.

Le 25 septembre 1904 Le Conseil Municipal confirme les décisions prises précédemment et prie Monsieur le Maire d'intervenir pour que la Compagnie procède à l'installation des lampes le plus tôt possible.

C'est seulement le 15 octobre 1905 que le Conseil Municipal prend connaisssance des observations des Ingénieurs des Ponts et Chaussées concernant le traité entre la commune et la Compagnie du Gaz et les approuve dans leur totalité.

Le traité sera signé le 15 décembre 1905, approuvé par le Préfet le 10 février 1906.

Le 9 octobre 1906 le Maire présente la facture de la Compagnie du Gaz pour les lampes installées soit 268 francs avec un abattement de 20 % donc à payer 214,40 francs.

Le Conseil en profite pour autoriser l'installation ; la Compagnie du Gaz aura la charge des difficultés qui pourront intervenir conformément à l'article 11 du traité passé avec la Compagnie.

Le Conseil décide aussi de déplacer la lampe de la rue de chez Bapeyrat-Tixier et de la mettre dans la rue qui va vers le ruisseau Bédat.

Il demande l'installation de lampes vers la maison Cheminat-Mignot, vers la rue de chez Passelaigue et une autre vers la cour de chez Chabrillat-Hébrard.

Le 12 juin 1910 la Compagnie du Gaz demande l'autorisation d'établir une ligne venant de Cébazat pour aboutir à l'usine de pâtes Iberty en traversant les terroirs de la Rodde et des Plantades. Autorisation accordée à condition que cela n'apporte aucune gène à la circulation.

Le Conseil Municipal demande l'installation d'une lampe de 30 bougies sur la Place de la Ville (Dr Pommerçol) et une autre sur le cadran de l'horloge.

Le 11 septembre 1910 le Conseil Municipal désigne comme membres de la Commission pour l'éclairage électrique : Messieurs Jouvenceau Jean - Dufraisse, Fraisse-Guittard, Toureix-Renoux Bonnet, Begon-Pommerol Antoine, Charrier François.

Il demande au maire de réunir la commission et d'inviter l'inspecteur de la Compagnie du Gaz et l'ingénieur des Ponts et Chaussées à venir fournir des renseignements sur l'installation de la ligne Cébazat-Gerzat.

Les 11 décembre 1910 et 24 mars 1912 est demandée l'installation de lampes : 2 supplémentaires pour la place de la Ville, une au pont de la gare et une autre dans le même chemin, une au quartier des Courtiaux en face de la maison Jean Missonnier-Laurent, une à Trélacot après la maison Jean Bardin-Tixier. Déplacement de la lampe qui est en face de Bapeyrat-Tixier pour la mettre en face du chemin qui va au ruisseau.

Dans sa séance du 23 juin 1912 le Conseil désigne deux conseillers (Bardin-Astier et Jean Sarrazi) pour s'assurer du nombre de lampes installées chez les particuliers. Cette appréciation présente le plus grand intérêt financier pour la commune.

Le 12 décembre 1912 M. Jouvenceau rappelle qu'une lampe devait être placée au-dessus du cadran de l'horloge. Le Conseil confirme l'accord qu'il avait donné le 12 juin 1910.

Le 28 octobre 1913 décision est prise pour l'installation d'une lampe dans le quartier de « l'enfer » et une autre sur le chemin de Cébazat.

Enfin le 17 juin 1914, Mr Guillaumin, conseiller municipal sollicite le poste d'employé de la Compagnie du Gaz chargé d'assurer dans la commune le « service de la lumière » et l'ouverture d'un dépôt de lampes pour les besoins de l'éclairage des abonnés.

Nous arrêterons là nos investigations car il ne sera plus question d'électricité pendant la guerre 14-18 et pour la période du 1er janvier au 31 décembre 1919 nous trouvons une facture d'abonnement de la commune à l'éclairage électrique qui comporte :

Cette facture d'un montant de 1 256,80 francs est présentée par la Compagnie Hydro-Electrique d'Auvergne qui a été créée à la fin de la guerre 14-18 par transformation de la Compagnie du Gaz.

C'est cette société anonyme qui gérera la distribution du gaz et de l'électricité jusqu'à la nationalisation du service en 1946 avec la création d' « Electricité de France » et de « Gaz de France » (EDF-GDF).

Quand l'on pense à ces débuts timides de l'électrification dans les premières années du XXe siècle et que l'on voit les progrès engendrés par cette forme de l'énergie on peut dire que le siècle dernier aura été celui de « l'électricité ». Que nous réserve le XXIe siècle ?

N.B : les éléments de cette chronique sont tirés des archives communales de Gerzat et, en particulier, du registre des délibérations du Conseil Municipal.

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Contestation sur la propriété du lieu de pèlerinage de Notre Dame du Vignal

Depuis des temps très anciens les gerzatois ont vénéré la Vierge du Vignal puisque l'on trouve des traces du pèlerinage, notamment au XVIIème siècle. Jusqu'en 1844 la propriété du lieu n'avait pas posé de problèmes et tous les habitants considéraient qu'il s'agissait d'un bien communal qualifié d'ailleurs de place et promenade publique.

Or le 4 février 1844, le Conseil Municipal est informé que M. le Docteur Victor Fleury s'était emparé des arbres plantés sur le lieu de pèlerinage de Notre-Dame-du-Vignal et en avait vendu le bois. Le Conseil conteste le droit de propriété de M. Fleury indiquant que cette parcelle de terrain appartient à la commune. Il charge M. le maire, si contre toute apparence M. Fleury pouvait justifier de ses titres, de veiller à la conservation du chemin existant qui donne accès à la source qui se trouve à l'extrémité nord du terrain et qui est le but du pèlerinage depuis de très nombreuses années.

A la session du mois d'août, le 18, le Conseil Municipal constate que le Dr Fleury n'a tenu aucun compte des observations qui lui ont été faites.

Considérant que la commune a toujours été en possession et jouissance de cette place et promenade publique où se trouve une fontaine surmontée d'une croix consacrée à la Vierge et où les fidèles vont en procession quatre fois l'an.

Considérant que M. Fleury en abattant les arbres de 50 ans a porté préjudice à la commune, a privé les habitants d'une promenade agréable et froissé les opinions religieuses de la population qui en tous temps a professé pour ce lieu consacré à la Vierge la plus grande vénération.

Considérant que le pont qui donne accès au lieu a toujours été entretenu et vient d'être réparé à neuf par l'administration communale.

Pour tous ces motifs, le Conseil Municipal demande par l'intermédiaire du Préfet à être autorisé par le Conseil de Préfecture à poursuivre devant les juges et tribunaux compétents M. Fleury pour s'être emparé d'une place et promenade publique.

Par lettre du 17 septembre 1844 le Préfet prévient la commune qu'elle risque de poursuivre en pure perte M. Fleury et s'expose à des dépenses importantes en cas de perte du procès.

Malgré tout reprenant les arguments déjà exposés, étayés par des considérations de voisinage et de bornage des propriétés lors de ventes, le Conseil soutient que c'est par erreur que la propriété a été portée au cadastre (mis en place récemment) au nom de M. Fleury et de ses auteurs.

D'ailleurs le père de M. Victor Fleury, le Dr J.B Fleury n'a jamais revendiqué la propriété, ni troublé la commune dans sa jouissance des lieux et les arbres plantés l'ont été par le grand-père M. J.B Fleury, notaire en sa qualité de maire de Gerzat pour le compte de la commune.

Pour toutes ces considérations le conseil Municipal persiste dans sa demande et prie instamment M. le Préfet de soumettre cette affaire au Conseil de Préfecture pour que la commune soit autorisée à attaquer M. Victor Fleury en restitution de propriété.

mais il faut croire que l'autorisation demandée n'a pas été accordée car à la session du 10 août 1845 M. le maire informe le Conseil que M. Victor Fleury (peut-être pour en terminer avec cette affaire ?) lui a fait une offre verbale de céder la propriété de Notre-Dame-du-Vignal moyennant la somme de 760 francs estimation portée au partage des biens au décès de son père le Dr Jean-Baptiste Fleury décédé le 8 août 1843.

Cette petite pièce de terre de 18 ares est confinée au midi et au nord par des voies communes, de nuit par le pré-verger de M. Fleury et de jour par la terre de Bonnet Durand.

La commune devra supporter tous les frais de la vente et les impôts, les servitudes actives et passives et pourra s'acquitter des 760 francs dans 10 ans à partir du jour d'entrée en jouissance et servira jusqu'au paiement définitif un intérêt de 4 %. Néanmoins la commune garde la faculté de se libérer de sa dette plus tôt si elle le juge convenable.

Le Conseil Municipal connaissant le prix qui est attaché par tous les habitants à cet emplacement consacré à la Vierge et depuis un temps immémorial devenu l'objet de la vénération des fidèles, a été d'avis d'accepter la proposition du Dr Victor Fleury aux conditions énoncées.

Il faut noter que la famille Fleury faisait partie des notables de la région et ne pouvait donc être soupçonnée d'accaparement d'un bien public.

C'est ainsi que la commune entra réellement en possession de la propriété du lieu de pèlerinage de Notre-Dame-du-Vignal et que de beaux arbres y dispensent une ombre généreuse et bienfaisante.

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